Entre 2013 et 2016, la vague de chaleur anormalement longue dans l’océan Pacifique le long du littoral de l’Amérique du Nord a détruit des chaînes alimentaires, causé la mort de nombreux animaux marins, et porté un coup au tourisme et à l’économie de plusieurs États américains.

Les scientifiques ont analysé les conséquences de ce phénomène pour en conclure qu’au cours des cent dernières années, ces épisodes dangereux étaient devenus plus fréquents et plus longs.

La bulle chaude en Alaska

En hiver 2013, dans le golfe d’Alaska, les chercheurs qui avaient prélevé les données des bouées d’observation ont été surpris par les températures élevées pour cette saison. La bulle (Blob) d’eau chaude formée à proximité de la côte de la péninsule s’est maintenue tout l’hiver et, en 2014, s’est étendue vers le sud.

La bulle (Blob) d’eau chaude en Alaska

En été, une eau inhabituellement chaude a été constatée dans l’océan Pacifique le long du littoral de l’Alaska jusqu’au Mexique. En septembre, par endroits, la température était supérieure de 7°C par rapport à la norme.

Un El Nino s’est formé en 2015 dans les eaux équatoriales de l’océan Pacifique: les couches supérieures de l’eau se sont réchauffées et les vents alizés ont faibli. Cela arrive normalement une fois tous les 4 à 8 ans pour des raisons naturelles et entraîne un réchauffementtemporaire du climat. Mais la vague de chaleur s’est maintenue dans le nord de l’océan Pacifique jusqu’en 2016.

Le réchauffement du nord de l’océan Pacifique a lancé plusieurs processus destructeurs à la fois. Les algues vivant dans l’eau ont commencé à fleurir en émettant des toxines, empoisonnant par là même l’eau pour de nombreux animaux marins et pour l’homme. De nouvelles algues ont fait leur apparition dans l’océan, appréciant davantage la chaleur mais moins nutritives pour les habitants de ces lieux. Au final, de nombreux oiseaux et de mammifères marins sont morts.

Algues laminaires mortes et crabes toxiques

Les vagues de chaleur sont un état anormalement chaud d’un milieu, qui peut durer des semaines voire des mois. Les vagues de chaleur atmosphériques nous sont plus familières, car nous les ressentons directement. En 2010, une telle vague atmosphérique a provoqué en Russie d’importants incendies de tourbe et de forêt.

Les vagues de chaleur océaniques sont moins connues. L’anomalie à proximité du littoral américain en 2014 et 2016 est probablement le phénomène le plus documenté et étudié de ce genre dans l’histoire des observations. Dans un article paru récemment, les chercheurs de l’université de Californie ont évalué les conséquences de cette anomalie pour l’environnement et l’économie.

Laminaria, Alaria et Desmarestia

D’après ces scientifiques, la canicule a surtout frappé les habitants marins. En examinant la prévalence de 67 espèces animales, les chercheurs ont déterminé que 37 d’entre elles s’étaient déplacées bien plus au nord par rapport à leur aire géographique. Ils ont noté toute une invasion d’une espèce de mollusques, le Lottia gigantea (bernicle), et du cirripède Tetraclita rubescens.

Un nombre record d’otaries s’est jeté sur le rivage de la Californie durant les vagues de chaleur, et beaucoup d’entre elles sont mortes de faim. Des champs entiers d’algues et de laminaires ont disparu, alors même qu’ils constituent une source inestimable de nourriture et d’habitat pour les organismes marins. Ce qui a provoqué une pêche très modeste d’ormeaux rouges — des mollusques pêchés uniquement sur la côte californienne. Leur pêche a dû être interdite l’an dernier. La fleuraison toxique de micro-algues a poussé à cesser la pêche de crabes.

La réaction de l’océan au réchauffement

Les vagues de chaleur les plus connues sont liées aux El Nino de 1982-1983 et de 1997-1998. En 1999 et en 2003 elles ont touché la Méditerranée, en 2011 l’Australie occidentale, en 2012 le nord-ouest de l’Atlantique, avant la période du Blob dans le nord de l’océan Pacifique et près de l’Australie en 2013-2016.

Des chercheurs américains, australiens, canadiens et britanniques ont analysé l’impact des vagues de chaleur océaniques à différentes périodes et ont conclu que cela affectait à tel point les écosystèmes marins que cela créait des menaces écologiques, réduisait la biodiversité et nuisait aux populations dont l’économie était liée à l’industrie côtière et marine.

Il a été calculé que depuis 1925, les vagues de chaleur étaient devenues plus fréquentes de 34% et s’étaient prolongées de 17%. Cela s’explique facilement par le réchauffement global de l’atmosphère et de l’océan, mais dans ce cas il faut s’attendre à ce que la situation continue de se détériorer. Source

1 COMMENTAIRE

  1. Là ils parlent entre 2013 et 2016. Une chose est sûr, c’est que dans la Pacifique Sud, en 2018/2019 c’est l’hiver le moins chaud que nous ayons connu ! L’eau de mer est restée dans une fourchette de 26/28° alors que tous les ans elle monte jusqu’à 28/30°.
    Je n’émets aucune avis personnel, c’est juste un constat…

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