Comment a-t-elle pu passer inaperçue ? Une météorite d’une dizaine de mètres de diamètre et de 1 400 tonnes, filant à la prodigieuse vitesse de 32 km par seconde, a explosé le 18 décembre dernier à 25 km de la surface de notre Terre. La déflagration a représenté 10 fois la puissance de la bombe atomique larguée sur Hiroshima. L’événement est pourtant passé inaperçu. Et pour cause : il a eu lieu au-dessus de la mer de Béring, entre Sibérie et Alaska. Ouf.

« Pour notre défense, il y a beaucoup d’eau sur cette planète ». Mi-figue, mi-raisin, Kelly Fast, responsable du programme d’observation des objets géocroiseurs de la Nasa, manie l’ironie pour masquer la gêne – relative – de l’agence américaine devant l’événement. Lequel aurait pu, aurait dû, alerter les spécialistes de l’espace partout dans le monde, et singulièrement les Américains.

Le 18 décembre, une météorite d’une dizaine de mètres de diamètre et de 1 400 tonnes, pénétrant notre atmosphère à plus de 30 km par seconde, a en effet explosé à 25 kilomètres de notre planète. Générant une explosion équivalant à 10 fois celle de la bombe atomique d’Hiroshima.

Une déflagration massive

L’eau recouvrant plus de 71 % de la surface de la Terre, cette colossale déflagration a eu le bon goût de survenir au-dessus de la mer de Béring, entre Russie et Alaska, les débris retombant dans l’eau salée et l’onde de choc ne provoquant aucun dégât sur terre.

Une vidéo en couleur du météore qui a survolé le Pacifique Nord en décembre 2018, photos prises par le satellite japonais Himawari.

Seuls deux satellites américains, un japonais et un européen ont détecté le flash lumineux au large du Kamtchatka (Russie). Il s’agit pourtant de la deuxième explosion la plus puissante des trois dernières décennies, et la troisième la plus intense depuis l’origine des relevés scientifiques.

Le 8 mars, le météorologue Peter Brown avait attiré l’attention sur la dernière publication de données de la Nasa, qui révélait une déflagration massive à l’extrême est de la Russie, juste avant minuit. « L’objet avait un diamètre de 10 mètres, une masse de 1 400 tonnes et était impacté par une énergie de 173 kilotonnes de TNT », écrit Peter Brown sur Twitter.

Un millier de blessés

En fait, l’onde de choc elle-même a été détectée par 16 stations infrasonores présentes un peu partout dans le monde – celles-ci avaient été initialement créées pour détecter les explosions nucléaires pendant la Guerre froide.

La puissance de l’explosion représente quand même 40 % de celle de la météorite de Tchéliabinsk (sud de l’Oural), il y a six ans. Le 15 février 2013, vous vous en souvenez peut-être, celle-ci avait blessé un millier de personnes, partiellement détruit une usine et brisé des vitres et de fenêtres dans toute la région, avec une puissance comparable à 30 fois Hiroshima.

Reste que cette explosion et celle de Tchéliabinsk ne sont rien face à la météorite de Toungouska, qui s’est désintégrée au-dessus de la Sibérie, en 1908. Avec ses 100 000 tonnes de roches et ses 40 mètres de diamètre, elle avait détruit 80 millions d’arbres sur une superficie de plus de 1 200 km².

Ces événements sont rares, c’est vrai. Il n’empêche : chacun d’entre eux rappelle combien il est important d’améliorer la surveillance des trajectoires des objets célestes qui s’approchent de la Terre. Même si celle-ci est essentiellement recouverte d’eau. Source

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