Les mastodontes, cousins des éléphants d’aujourd’hui, sont connus et étudiés depuis plus de 200 ans. Nous pourrions alors penser que toutes les “grandes questions” les concernant ont été résolues. Et pourtant.

Une véritable surprise

Nous savons que le mastodonte américain – Mammut americanum – a vécu partout en Amérique du Nord pendant le Pléistocène, avant de s’éteindre il y a entre 10 000 et 12 000 ans. C’était l’espèce prédominante… Mais elle n’était pas seule. Une récente étude publiée dans Peerj révèle en effet la découverte d’une nouvelle espèce originaire d’une petite région de l’Ouest nord-américain : Mammut pacificus. C’est la première nouvelle espèce de mastodonte nord-américaine à être reconnue en 50 ans.

« L’une des raisons pour lesquelles nous ne nous attendions pas à cela est que c’est un animal de la mégafaune du Pléistocène. Le Pléistocène est vraiment bien étudié. Cela ne veut pas dire que nous comprenons tout à ce sujet, mais c’était il n’y a pas si longtemps, et nous disposons d’énormes collections de fossiles datant de cette époque dans le monde entier, explique Alton Dooley, du Western Science Center. Je suis surpris d’apprendre qu’il existe un mastodonte qui n’avait encore jamais été reconnu ».

Des caractéristiques uniques

Plus de la moitié des mastodontes californiens connus ont été retrouvés à la fin des années 1990 dans le lac Diamond Valley. Mais beaucoup n’avaient pas été examinés en détail jusqu’à présent. Une récente analyse minutieuse a néanmoins permis de distinguer des caractéristiques, chez certains spécimens, qui ne semblaient pas spécifiques au Mammut americanum. Les molaires étaient plus étroites que leurs cousins. Il y avait également davantage de vertèbres dans le pelvis, un fémur légèrement différent, et on observe une absence de défenses mandibulaires à tous les stades de croissance.

Crâne et défenses de Mammut pacificus, exposé au Western Science Center.

Notons par ailleurs que cette collection de fossiles du Diamond Valley Lake a été conservée au Western Science Center pendant huit ans avant d’être étudiée. Il n’y avait en effet pas de paléontologues dans l’équipe avant il y a quelques mois. C’est malheureusement le lot de nombreux musées dans le monde. Beaucoup d’établissements tentent en effet de trouver l’argent nécessaire pour embaucher quelqu’un dans le but d’étudier les collections de fossiles. Autour du monde, de nombreuses espèces animales pourraient encore se cacher, faute d’analyses.

Le distinguo entre ces espèces a ici été rendu possible grâce à la découverte de grands échantillons. Si les fossiles retrouvés avaient été plus petits, il aurait été plus compliqué d’observer ces légères différences de morphologie entre les deux. La découverte, par ailleurs, nous encourage à nous poser d’autres questions. Pourquoi, par exemple, cette espèce particulière a-t-elle évolué avec ces traits anatomiques particuliers ? Source

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