La cathédrale Notre-Dame de Paris a résisté au violent incendie qui a fait rage pendant plus de 12 heures après avoir pris naissance lundi soir, mais a subi d’importants dommages. Tour d’horizon des éléments qui ont été sauvés, perdus et détruits.

En attendant l’inventaire exhaustif en cours, les autorités ont donné un aperçu des dégâts, outre ceux infligés à la structure de la cathédrale.

Ce qui a pu être sauvé :

  • Les deux beffrois, les tours qui abritent les quatre cloches de la cathédrale, sont restés debout. On craignait que les tonnes de bronze qu’elles abritent, dont le célèbre bourdon Emmanuel, une cloche qui pèse à elle seule 13 tonnes, les entraînent dans leur chute, qui ne s’est finalement pas produite.

  • Construites au 13e siècle, puis rénovées à plusieurs reprises, les trois rosaces – des vitraux qui représentent les fleurs du paradis – ont survécu au brasier. Les rosaces nord et sud, les deux plus grandes, ont un diamètre de 13 mètres.

  • Les reliques, dont la plus précieuse, la Sainte Couronne d’épines, posée selon la croyance catholique sur la tête de Jésus peu avant sa crucifixion, ont aussi été rescapées du sinistre. Selon le site de la cathédrale, elle se compose d’un « cercle de joncs réunis en faisceaux et retenus par des fils d’or, d’un diamètre de 21 cm, sur lequel se trouvaient les épines ».

  • Deux autres reliques de la Passion du Christ, soit un morceau de la Croix et un clou de la Passion, ont été épargnées, tout comme la tunique de saint Louis.

  • L’ensemble des œuvres d’art conservées dans la partie « trésor » de la cathédrale, dont La Visitation de Jean Jouvenet, chef-d’œuvre du XVIIIe siècle et vestige du choeur baroque de la cathédrale, ont été protégées du feu.

  • La Pieta monumentale du sculpteur Nicolas Coustou, située derrière l’autel, a – certains diront miraculeusement – été épargnée par la chute des débris. Cette Vierge éplorée, recueillant sur ses genoux le corps du Christ descendu de la croix, commandée par Louis XIV selon le voeu de son père Louis XIII, a été réalisée entre 1712 et 1728.

  • Véritables miraculées, les 16 statues des 12 apôtres et des 4 évangélistes, qui ornaient le toit de la cathédrale, ont été décrochées de la flèche, qui, elle, a cédé sous le feu, quatre jours avant le drame pour être restaurées dans la commune de Périgueux. Elles ont été installées par Viollet-le-Duc lors de la reconstruction de la flèche, au 19e siècle.

    Ce qui est perdu :

  • La flèche de la cathédrale, signature emblématique du monument avec ses 96 mètres, ajoutée par l’architecte Eugène Viollet-Leduc en 1859-1860. Elle s’est effondrée au cours des premières heures de l’incendie.

    Ce qui est endommagé :

  • L’ensemble de la charpente en chêne, vieille de plus de 800 ans, ainsi que les deux tiers de la toiture, également en chêne, ont brûlé.

  • Une partie de la voûte s’est effondrée, selon un porte-parole des pompiers de Paris.

  • Le coq en bronze de la flèche de la cathédrale, qu’on croyait fondu dans l’incendie, a été retrouvé dans les décombres, mais a été cabossé. On ignore toutefois pour l’instant le sort des reliques qui étaient nichées dans le coq : la parcelle de la Sainte Couronne d’épines, la relique de saint Denis et celle de sainte Geneviève.

  • Le grand orgue du 15e siècle – avec ses 5 claviers, ses 109 jeux et ses quelque 8000 tuyaux – a pu être sauvé, mais sa structure, recouverte par des gravats, de la poussière et de l’eau, a souffert du sinistre. « Il est [pour l’instant] totalement inutilisable, mais rien n’a brûlé, rien n’a fondu », a affirmé le régisseur du patrimoine intérieur de Notre-Dame de Paris, Laurent Prades, sur les ondes d’Europe 1.

  • Le petit orgue, qui se trouvait sous la flèche, a été fortement endommagé par le feu, selon l’un des trois organistes titulaires de la cathédrale.

Notre-Dame de Paris : survol des dommages

1. La flèche datant du 19e siècle s’est effondrée, détruisant une partie du toit en flammes.

2. Les deux tiers du toit en chêne ont brûlé, soit environ 1000 mètres carrés.

3. La charpente intérieure en chêne, vieille de plus de 800 ans et longue d’une centaine de mètres, a brûlé.

4. Trois parties de la voûte intérieure se sont effondrées dans la nef centrale; le reste est endommagé.

5. Le grand orgue avec ses 8000 tuyaux n’a pas brûlé, mais il est recouvert de poussières. Il sera démonté et nettoyé.

6. La pluspart des vitraux n’ont pas été touchés par les flammes, mais ils seront démontés pour être restaurés.

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