Il y a quelques années, une équipe archéologique gréco-américaine a fait une découverte surprenante, ils ont trouvé les plus anciennes traces de navigation maritime au monde, dans une zone appelée Plakia sur l’île grecque en Grèce. Il s’agit d’une découverte incroyablement importante qui reçoit peu d’attention, malgré le fait qu’elle a figuré parmi les dix découvertes les plus importantes de 2010. Leurs recherches obligent les chercheurs à repenser les capacités maritimes des premières cultures humaines et préhumaines.

L’équipe d’archéologues a réalisé des excavations dans la gorge de Preveli sur l’île de Crète. Ils y ont découvert un site paléolithique dans lequel ont été retrouvés plus de 30 outils bifaces, ainsi que des centaines d’autres outils en pierre comme des couteaux et des grattoirs en quartz qui ont été retrouvés dispersés dans plus de 20 lieux différents.

Jusqu’à leur découverte on pensait que les anciens hommes avaient atteint la Crète, Chypre, quelques autres îles grecques et possiblement la Sardaigne il n’y a pas plus de 12 000 ans. Cependant, les outils en pierre découverts à Parkia ont été datés d’au moins 130 000 ans.

Des outils en pierre trouvés en Crète témoignent des premiers voyages en mer.

Les outils ont été datés par une analyse de stratigraphie, une branche de la géologie étudiant les couches rocheuses. Les falaises et les grottes au-dessus du rivage ont été surélevés dans un passé lointain par des forces tectoniques. Ces couches surélevées représentent la séquence des périodes géologiques ayant été bien étudiées et datées. L’équipe a analysé la couche contenant les outils et a déterminé que ce sol devait se trouver à la surface de 130 000 à 190 000 ans.

Les falaises rocheuses autour du village de Plakia étaient en fait la zone littorale à l’époque préhistorique. C’est là que l’équipe a commencé les fouilles.

En considérant que la Crète est une île depuis cinq millions d’années, les outils n’auraient pu arriver à cet endroit que si les anciens hommes y étaient arrivés par la navigation. Cela veut dire que le voyage en mer existait sur la Méditerranée des dizaines de milliers d’années avant ce que pensaient d’abord les archéologues, et que l’homo sapiens primitif ou ses ancêtres aient utilisé des bateaux capables de naviguer en haute mer.

Avant cette découverte, le plus ancien voyage maritime attesté était la migration du passage de la mer vers l’Australie de l’homo sapiens moderne, il y a 60 000 ans – bien que cette période soit débattue. Ils ont dû traverser entre des îles sur une distance maximum en eaux profondes de 71 km.

Ce qui est particulièrement intéressant est que le style des outils ressemble aux artefacts du travail de la pierre connu pendant l’Acheuléen (entre 1.5 million d’années et 200 000 ans avant notre ère) et qui tire ses origines de populations humaines primitives en Afrique. L’hypothèse standard a été pendant des décennies que les fabricants d’outils de l’Acheuléen ont atteint l’Europe et l’Asie par le Moyen-Orient, en passant principalement dans les Balkans par ce qui est maintenant la Turquie. Ces découvertes en Crète soulèvent la possibilité que la migration humaine n’était pas confinée aux routes terrestres et pourrait avoir compris une expansion de l’Afrique à travers le détroit de Gibraltar vers l’Espagne, ou de la Lybie en Crète – sur une étendue de près de 320 km.

On pensait initialement que les bateaux primitifs étaient des radeaux en bois avec des voiles faites de peaux d’animaux cousues ensemble et attachées à un bâton pour prendre le vent. Cependant, des experts de l’histoire nautique primitive expliquent que les anciens marins auraient eu besoin de quelque chose de bien plus solide pour naviguer de l’Afrique du Nord jusqu’en Crète.

Selon une théorie, les bateaux des voyageurs de l’âge de pierre étaient des radeaux en bois rond dont les voiles étaient faites de peaux d’animaux cousues ensemble et attachées à une branche d’arbre pour attraper le vent.

Les archéologues n’ont pas réussi à déterminer si les outils découverts en Crète avaient été faits par l’homo sapiens ou un autre ancêtre pré-humain. Il y a 130 000 ans les hommes modernes auraient partagé le monde avec d’autres hominidé comme les Néandertaliens et l’Homo heidelbergensis. On a longtemps pensé que les hommes primitifs, et probablement les espèces pré-humaines, étaient incapables de créer des bateaux ou de naviguer en haute mer. Mais cette découverte remet cela en question en suggère qu’ils étaient capables d’un comportement bien plus sophistiqué que leurs outils en pierre relativement simples ne le suggère.

« Les résultats de l’étude ne donnent pas seulement la preuve de la navigation en Méditerranée des dizaines de milliers d’années avant ce que nous pensions auparavant, mais remet aussi en question notre compréhension des capacités cognitives des premiers hominidés », indique le ministère de la Culture grec dans un communiqué sur la découverte.

Si cette recherche se trouve confirmée par des études complémentaires, les périodes du développement technologique devront être revues bien avant ce que nous pensions jusqu’ici. Elle offre également de nouvelles perspectives sur comment les anciens hommes migraient et voyageaient à travers le monde.

Source : Ancient Origins

Traduction : © Le Savoir Perdu Des Anciens

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