L’astronomie est souvent considérée comme l’une des plus anciennes branches de la science. Dans de nombreuses sociétés anciennes, les observations astronomiques étaient utilisées non seulement pour déterminer le rythme de la vie (par exemple, les différentes saisons de l’année, la célébration des fêtes, etc.) mais aussi pour l’exploration philosophique de la nature de l’univers et de l’existence humaine.

Par conséquent, divers instruments ont été inventés pour aider la science astronomique. L’un de ces instruments s’appelait la sphère armillaire.

Le fonctionnement des sphères armillaires

Une sphère armillaire est un dispositif astronomique composé d’un certain nombre d’anneaux reliés à un pôle. Ces anneaux représentent les cercles de la sphère céleste, tels que l’équateur, l’écliptique et les méridiens. C’est d’ailleurs de ces anneaux que vient le nom de cet appareil (le mot armilla signifie en latin « bracelet, armlet, armlet, armilla ring »).

Les sphères armillaires peuvent être divisées en deux grandes catégories selon leur fonction : les sphères armillaires de démonstration et les sphères armillaires d’observation. La première sert à démontrer et à expliquer le mouvement des objets célestes, tandis que la seconde sert à observer les objets célestes eux-mêmes. Par conséquent, les sphères armillaires d’observation sont généralement de plus grande taille que les sphères de démonstration. Les sphères armillaires d’observation avaient également moins d’anneaux, ce qui les rendait plus précises et plus faciles à utiliser.

Les anciens Grecs et la sphère armillaire

On pense que la sphère armillaire a son origine dans le monde grec ancien. L’inventeur de ce dispositif, cependant, n’est pas certain. Quelques-uns affirment, par exemple, que la sphère armillaire a été inventée au cours du VIe siècle avant JC par le philosophe grec Anaximandre de Milet . D’autres attribuent l’invention de cet appareil à l’astronome Hipparque, du IIe siècle avant JC.

La première référence à la sphère armillaire, cependant, proviendrait d’un traité connu aujourd’hui sous le nom d’Almageste (connu aussi sous le nom de Syntaxis), écrit par le géographe gréco-égyptien Claudius Ptolémée, 2ème siècle de notre ère. Dans ce traité, Ptolémée décrit la construction et l’utilisation d’une sphère armillaire zodiacale, un instrument utilisé pour déterminer les emplacements des corps célestes en coordonnées écliptiques. En outre, Ptolémée donne également des exemples de son utilisation de ce dispositif pour l’observation des étoiles et des planètes.

Ptolémée avec un modèle de sphère armillaire. (1476) Joos van Gent et Pedro Berruguete.

La sphère armillaire dans la Chine antique

Il est intéressant de noter que la sphère armillaire se développait également de manière indépendante dans une autre civilisation – la Chine (quoique peut-être à une date ultérieure.) La sphère armillaire serait apparue en Chine sous la dynastie Han 206 avant JC – 220 ap.)

L’utilisation d’un tel appareil peut être attribuée à l’astronome Zhang Heng, qui a vécu pendant la seconde moitié de la dynastie Han, c’est-à-dire la dynastie Han orientale (25 à 220 après JC). A l’origine, la structure de ces sphères était très simple, composée de trois anneaux et d’un axe métallique orienté vers les pôles Nord et Sud.

Cependant, au fil des siècles, d’autres anneaux ont été ajoutés aux sphères afin que différentes mesures puissent être prises. Dans la cour de l’ancien observatoire de Pékin, par exemple, on peut voir une réplique grandeur nature d’une sphère armillaire élaborée produite sous le règne d’un empereur Ming du 15ème siècle, Zhengtong.

Sphère armillaire de l’ancien observatoire, Beijing, Chine.

Les sphères armillaires dans le monde islamique et l’Europe chrétienne

Au Moyen Âge, le savoir pour la production et l’utilisation des sphères armillaires est passé dans le monde islamique. Le premier traité connu sur ce dispositif est connu sous le nom de Dhat al-halaq (traduit par  » L’instrument avec les anneaux « ) écrit par l’astronome du VIIIe siècle, al-Fazari.

De nombreux astronomes musulmans ont écrit sur la sphère armillaire, mais en référence aux travaux de Ptolémée. On peut mentionner que des références claires aux sphères armillaires démonstratives sont absentes des documents du monde islamique, alors qu’il existe une quantité considérable de preuves pour l’utilisation de la sphère armillaire observationnelle.

La sphère armillaire aurait été introduite dans l’Europe chrétienne par Gerbert d’Aurillac ( le Pape Sylvestre II).On suppose que d’Aurillac a acquis cette connaissance de l’Espagne islamique et vers la fin du Moyen Age la sphère armillaire démonstrative devient un outil très commun dans les universités européennes ; ainsi les traités de géométrie de la sphère céleste furent enseigné dans ces institutions et la sphère armillaire devient un instrument indispensable pour apprendre.

Sphère armillaire espagnole. (1582) Antonio Santucci. Monastère de l’Escorial, Madrid, Espagne.

Les sphères armillaires comme accessoires de mode

Au XVIIe siècle, les sphères armillaires ont pris un rôle différent. Comme le rapporte My Modern Met, « Au cours des XVIe et XVIIe siècles, ces outils d’astronomie ont été dimensionnés pour devenir des bagues à la mode qui bougent comme des sphères armillaires ordinaires. »

Avec entre deux et huit bandes, les anneaux se déploient en mini versions de sphères armillaires. Parfois, il s’agissait de bandes simples, mais souvent, on y ajoutait des inscriptions ou des signes du zodiaque comme décorations. On dit que « ces bagues pliantes ont été populaires tout au long du XIXe siècle, soit comme un moyen pour le porteur de montrer son éducation, soit comme un gage de foi ».

Source : Ancient Origins

Traduction : © Le Savoir Perdu Des Anciens
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