Dans le nord-ouest de la Russie, le forage de Kola est le trou artificiel le plus profond du monde. Mais jusqu’ici, la technologie est incapable de dépasser ses 12 262 mètres de profondeur…

Qui pourrait croire, en voyant un petit couvercle métallique rouillé sur le sol de la péninsule de Kola, dans le nord-ouest de la Russie, qu’il recouvre le trou artificiel le plus profond du monde ? Appelé Kola Superdeep Borehole en anglais, littéralement, le « Forage super-profond de Kola », il s’enfonce à 12 262 mètres sous terre. Un projet titanesque qui a permis des découvertes étonnantes.

C’est l’Union soviétique qui a commencé à le creuser le 24 mai 1970, avec comme objectif d’en savoir plus sur le contenu de la croûte terrestre – partie superficielle et solide du matériau dont est constituée notre planète. Un matériau sur lequel nous marchons tous les jours, et pourtant, sur lequel nous savons bien peu de choses. « La vérité est que nous en savons moins sur ce qui se trouve sous nos pieds que sur ce qui se trouve de l’autre côté du système solaire », souligne Hank Green, vulgarisateur scientifique, dans une vidéo de la chaîne youtube scientifique SciShow dédiée à l’histoire du Kola Superdeep Borehole.

De nombreuses surprises en profondeur

Les 24 années qui ont suivi le début du projet, les scientifiques ont creusé sans relâche. Le record mondial de profondeur tenu par le trou Bertha Rogers dans le comté de Washita, dans l’Oklahoma, aux États-Unis, profond de 9 583 mètres, a été battu le 6 juin 1979.

Analysant la moindre parcelle du forage de Kola, les chercheurs y ont trouvé de nombreuses surprises. D’abord, des fossiles microscopiques de 24 espèces de planctons unicellulaires morts depuis longtemps ont été découverts tout le long du forage jusqu’à une profondeur de 6,7 kilomètres.

Autre élément étonnant : ils ont trouvé de l’eau. Cette dernière provenait des minéraux de la croûte profonde, et n’a jamais pu atteindre la surface à cause d’une couche de roche imperméable. « Contrairement à l’eau souterraine, cette eau provient des minéraux mêmes. C’est la première fois qu’on observe cela », assure Hank Green dans sa vidéo consacrée au sujet.

Un obstacle insurmontable

Après la dislocation de l’Union soviétique en 1991, l’État russe a continué le forage. Mais lorsque les scientifiques ont découvert, en 1994, des roches âgées de 2,7 milliards d’années, ils ont fait face à un problème majeur : leur chaleur. Alors qu’ils pensaient que leur température tournerait autour de 100°C, elle s’élevait en fait à 180°C. Un obstacle insurmontable pour la technologie de l’époque.

Le forage, alors profond de 12 262 mètres, s’est arrêté là. Depuis, les travaux n’ont jamais repris, mais le record de profondeur du forage de Kola reste inégalé. Il dépasse même le point le plus profond de l’océan, la fosse des Mariannes, et ses 10 994 mètres. Source

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