On l’apprend seulement ce lundi : lorsque la statue de Napoléon, à Rouen, a été enlevée en juillet dernier pour être restaurée, un coffre a été découvert dans le socle, avec à l’intérieur des liasses de documents et un cylindre en laiton. Des objets qui gardent encore leur mystère.

Le secret était bien gardé. Lorsque début juillet, les services de la Ville de Rouen ont déposé la statue de Napoléon place de l’Hôtel de Ville à cause de la patte fissurée du cheval, ils ont découvert un coffre dans le socle, remontant au XIXème siècle. L’information a été divulguée ce lundi par le journal Paris Normandie. Elizabeth Labaye, conseillère municipale déléguée au patrimoine/matrimoine et archives municipales, se souvient : « C’était une surprise mais il semble que les fondeurs font assez souvent cela, laisser leur signature ou d’autres éléments. »

C’est le début des vacances d’été, la nouvelle équipe municipale vient de s’installer puis il y a des dossiers plus prioritaires à régler : le coffre reste donc plusieurs mois entreposé dans les locaux de la mairie avant d’être ouvert le 16 décembre par des spécialistes. Ils tombent sur des liasses épaisses de documents. On peut y voir sur le dessus « des noms en colonnes et nous pensons qu’il s’agit des donateurs qui ont contribué à ériger la statue de Napoléon », avance Elizabeth Labaye.


Des liasses très abimées

Mais tous sur place se gardent bien d’y toucher : le coffre est imbibé d’humidité et les liasses sont très abîmées. Elles sont donc transposées dans un local des archives départementales : « Il fallait les mettre à une température particulière, pour qu’elles ne sèchent pas à l’air », explique la conseillère municipale. 

Sur ces liasses de documents seraient recensés les noms de ceux qui ont contribué à ériger la statue de Napoléon.

La mairie de Rouen, qui travaille sur ce dossier avec la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC), est en relation avec des restaurateurs de parchemins pour voir « comment on va essayer de sauver ces documents. » Elizabeth Labaye ne pense pas qu’il y ait dedans d’« histoires affriolantes » sur Rouen et les Rouennais de l’époque mais « c’est intéressant », ajoute-t-elle, « car ça fait partie du patrimoine historique de la ville. »

Des pièces d’or dans un tube de laiton ?

Dans le coffre a également été découvert un tube en laiton, de moins de 20 centimètres. Lui aussi garde son secret  – « on voulait s’assurer de la manière dont on allait l’ouvrir » – mais il résonne quand on le secoue : « ça m’étonnerait qu’on enferme des pièces d’or dans un coffre de socle de statue, dit en riant la déléguée au patrimoine, « mais peut être une pièce ? Ou une médaille ? On vous tiendra au courant quand on ouvrira ce petit tube en laiton ! »

En attendant, Napoléon sur son cheval patiente en lieu sûr, dans une fonderie des Yvelines. L’appel d’offres pour sa restauration a été lancé, la réponse devrait tomber en mars et la statue en bronze de 7 tonnes devrait être d’aplomb à la fin de l’été.

Napoléon retrouvera-t-il la place de l’Hôtel de Ville? Le maire de Rouen, Nicolas Mayer Rossignol, n’a pas caché son désir de voir une figure féminine – Gisèle Halimi notamment – lui succéder. Une consultation des habitants doit être lancée en septembre à ce sujet. « Il ne s’agit en aucun cas de déboulonnage ou de non respect de Napoléon, prévient Elisabeth Labaye, la preuve en est qu’on restaure la statue mais aussi un coffre et son contenu !« 

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