Comme le Louvre avant lui, le musée Carnavalet a choisi de supprimer purement et simplement la numérotation antique, que ce soit pour désigner les siècles ou les rois. 

Le nivellement par le bas poursuit son petit bonhomme de chemin en France. Après quatre ans de travaux et une refonte complète, le musée Carnavalet a décidé de bannir sans autre forme de procès les chiffres romains de son parcours, consacré à l’histoire de Paris, révèle Le Figaro. Avant lui, le Louvre avait déjà renoncé à cette numérotation antique, pour désigner les siècles seulement. Le Carnavalet adapte même cette méthode aux noms de rois. Pour une raison simple : les visiteurs des musées ne savent plus lire ces chiffres… 

Des panneaux simplifiés

« Nous ne sommes pas contre les chiffres romains, mais ils peuvent être un obstacle à la compréhension », plaide auprès du Figaro la responsable du service des publics au musée Carnavalet, Noémie Giard. Pourtant, les panneaux explicatifs traduits en espagnol comportent, eux, systématiquement cette numérotation, car « ne pas l’utiliser est considéré comme une faute d’orthographe » en Espagne. Pour s’adapter à ses visiteurs, le musée Carnavalet a d’ailleurs également choisi… de raccourcir ses textes explicatifs. « Nous faisons tous le constat que les visiteurs lisent peu les textes dans les salles, surtout s’ils sont trop longs. Ils ont aussi tendance à zapper et à picorer », confie la responsable. Résultat : les panneaux ne comportent plus que 1 500 signes maximum et 500 pour les enfants. 

« Moins on les verra, moins on les maîtrisera »

Si de plus en plus de musées français pourraient épouser cette stratégie dans les années à venir, celui des Beaux-Arts de Rouen s’y est, lui, refusé, relaie Le Figaro« Le musée est sans doute un des lieux où on peut continuer à les faire vivre et à les expliquer [les chiffres romains, NDLR] », tranche son directeur, Sylvain Amic. Un point de vue partagé par François Martin, enseignant et président de la Coordination d’enseignants en langues anciennes (Cnarela). « C’est l’histoire de la poule et de l’œuf : moins on les verra, moins on les maîtrisera », déplore-t-il auprès du quotidien. D’autant plus que « les enfants adorent apprendre les chiffres romains en primaire, car ils prennent cela comme un jeu », estime-t-il. 

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