Les squelettes d’un homme et d’une femme découverts il y a environ 100 ans, alors qu’ils tentaient de survivre à la tristement célèbre éruption du Vésuve en 79 après JC, ont été passés au crible par des scientifiques.

En utilisant avec succès le séquençage du génome sur les restes de l’homme de Pompéi, les scientifiques ont appris qu’il partageait un ADN similaire à celui des Italiens modernes d’Italie centrale et de Sardaigne. Si l’héritage sarde n’a jamais été observé auparavant dans les génomes publiés des anciens Romains, l’héritage de l’Italie centrale est partagé avec ceux qui vivaient en Italie à l’époque de l’Empire romain (27 avant JC – 476 après JC). Leurs conclusions ont été publiées dans la revue Scientific Reports .

L’équipe, dirigée par le Dr Gabriele Scorrano , professeur adjoint à la section de géogénétique de l’université de Copenhague, a procédé à des analyses bioarchéologiques et paléogénomiques des deux restes humains de Pompéi. Ces squelettes ont été trouvés dans ce que l’on appelle la Casa del Fabbro ou Maison de l’Artisan, et pour la première fois, les scientifiques ont pu séquencer le génome humain entier d’un homme ayant vécu il y a 1 900 ans.

Les restes de l’homme et de la femme de Pompéi ont été découverts dans la Casa del Fabbro (Maison de l’artisan) à Pompéi.

Extraction d’ADN et séquençage du génome de l’homme de Pompéi

Le séquençage du génome est une méthode scientifique qui a été mise au point pour « lire » l’ADN, ce qui permet de glaner l’intégralité du patrimoine génétique d’un organisme. Des études antérieures menées à Pompéi ont permis de séquencer de petites portions d’ADN mitochondrial de victimes humaines et animales. Le génome humain de Pompéi est codé dans l’ADN extrait des os de l’homme de Pompéi, qui sert d’ensemble complet d’instructions génétiques.

« À l’avenir, de nombreux autres génomes de Pompéi pourront être étudiés », a déclaré Serena Viva, anthropologue à l’université de Salento, qui a participé à l’étude. « Les victimes de Pompéi ont vécu une catastrophe naturelle, un choc thermique, et on ne savait pas que l’on pouvait préserver leur matériel génétique. Cette étude apporte cette confirmation, et que la nouvelle technologie sur l’analyse génétique nous permet de séquencer les génomes aussi sur du matériel endommagé. »

Le Dr Serena Viva analyse l’un des squelettes de Pompéi. (Serena Viva)

Cette fois-ci, le succès de l’opération les amène à espérer que ce modèle pourra être appliqué à d’autres victimes de l’éruption, ce qui permettra de découvrir de nouveaux détails sur leur vie. « Les résultats démontrent la possibilité de récupérer de l’ADN ancien à partir de restes humains de Pompéi et fournissent un aperçu supplémentaire de l’histoire génétique et de la vie de cette population… malgré les liens importants entre Rome et d’autres populations méditerranéennes, un degré notable d’homogénéité génétique existe dans la péninsule italienne à cette époque », écrivent les auteurs de l’étude.

L’homme avait entre 35 et 40 ans et mesurait environ 1,63 m. Son homologue féminin avait plus de 50 ans et mesurait environ 1,45 m. L’ADN de l’homme de Pompéi a été comparé aux codes génétiques de plus d’un millier d’anciens humains et de 471 Eurasiens occidentaux modernes. L’analyse de l’ADN mitochondrial et du chromosome Y a permis d’identifier un groupe de gènes couramment rencontrés en Sardaigne. Selon un rapport publié dans Science, le couple a été retrouvé appuyé contre un canapé bas à l’intérieur de la Maison de l’Artisan, une habitation située en plein cœur du marché de Pompéi.

Les scientifiques ont pu séquencer l’intégralité du génome de l’homme de Pompéi à l’aide de ses restes squelettiques. (Serena Viva)

La tuberculose : Une menace émergente à Rome

Selon Mme Viva, ils n’essayaient pas de s’enfuir, ce qui pourrait être le résultat de leur état de santé respectif. Une analyse plus poussée du squelette de l’homme a révélé des lésions dans l’une des vertèbres, le séquençage de l’ADN suggérant qu’il a eu la tuberculose juste avant sa mort. La femme vivait probablement avec de l’arthrose, affectant sa capacité à être mobile.

Les chercheurs soulignent que la tuberculose était endémique à l’époque de l’Empire romain, comme en témoignent de nombreux écrits et descriptions anciennes. L’urbanisation croissante du centre impérial romain, qui ne cessait d’engloutir de plus en plus de territoires à la périphérie, a entraîné une augmentation de la population et du mode de vie. Cela a conduit à une vie plus cloîtrée, ce qui a favorisé l’apparition de la tuberculose.

Photographie et radiographie numérique de la quatrième vertèbre lombaire (L4) atteinte de spondylodiscite tuberculeuse de l’homme de Pompéi.

Un niveau de préservation remarquable

C’est précisément la nature de l’éruption qui a permis un niveau de préservation aussi remarquable près de 2 000 ans plus tard. Les substances pyroclastiques (gaz chauds, lave et débris) qui ont été rejetées pendant l’éruption ont probablement protégé l’ADN du plus grand décomposeur de l’environnement – l’oxygène. Plutôt que d’entrer en contact direct avec la lave volcanique, les restes humains de la Casa del Fabbro et d’autres ont été recouverts de cendres volcaniques, ce qui a créé une couche protectrice.

« Pompéi est l’un des sites archéologiques les plus uniques et les plus remarquables de la planète, et c’est l’une des raisons pour lesquelles nous en savons tant sur le monde classique. Pouvoir travailler et contribuer à accroître les connaissances sur ce lieu unique est incroyable », a souligné M. Scorrano dans un échange de courriels avec CNN. « Prendre part à une étude comme celle-ci a été un grand privilège, Pompéi est un contexte unique à tous points de vue, celui de l’anthropologie permet d’étudier une communauté humaine impliquée dans une catastrophe naturelle. »

Source : Ancient Origins Traduction : Lucie pour © Le Savoir Perdu Des Anciens

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